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premiere periode 1993-2008

Je ne t'ai pas vue changer

Publié le par srenzo

 
Je viens de me lever
à la table du patio
où je bois mon café
tu viens m’accompagner
 
Oui, le café était chaud
tu me proposes du pain
il y en a du frais
tu dévisses des confitures
même si tu sais bien
que je n’en prends jamais
 
Je te regarde de dos
ta silhouette a fondu
 
Enfin tu viens t’asseoir
mais tu parles, tu parles
de tout et de rien
de choses déjà dites
que je n’écoute pas
 
J’observe ce visage
 
Sur ton front, des sillons
le coin de tes yeux plisse
tes joues se sont creusées
il y pousse un duvet
ta bouche triste est marquée
et ton cou s’est strié
 
J’observe ce visage
ne le reconnais pas
 
Je me suis tant éloigné
maman
je ne t’ai pas vue changer
 
 
 
nov. 2005
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Noëls

Publié le par srenzo

à maman
 
 
Chaque matin du mois précédant le jour J
S'ouvrait fébrilement une petite fenêtre
Sur le calendrier, lieu de pure magie
Lorsque nos yeux voyaient le tableau apparaître
 
C’est dans le grand séjour que trônait le sapin
Que l’on ornait d’écharpes d’airain, d’or, d’argent
De sphères miroitantes, de mobiles de bois peint
De l’Étoile des bergers de couleur vif-argent
 
Dans toute la maison, la neige sur les carreaux
Dessinait feuilles de houx, étoiles et bonshommes
Et la crèche en terre cuite présentait ses hérauts
Patientant dans l’attente du Sauveur des hommes
 
Au retour de la messe, sorti d’un bibelot
Le frêle petit Jésus s’installait dans l’étable
Et au matin suivant nous attendait un lot
De vrais cadeaux-surprises aux saveurs formidables
 
 
 
nov. 2005
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Fort Brescou

Publié le par srenzo

 
C’est un îlot de roche volcanique fatiguée
Comme abandonné entre le ciel et la mer.
Surmontés par un phare qui semble faire le gué,
Les remparts gris se dressent, massifs, et encore fiers.
 
Rongée depuis des siècles par l’acide toilette
Des vents chargés de sel qui balayent le site,
La vieille citadelle est domaine des mouettes
Qui élèvent leurs petits comme des troglodytes.
 
Chaque saison, avec le retour des beaux jours,
Les navettes du cap reprennent leur ballet,
Déversant leurs touristes, qui ont tôt fait le tour,
Avec un jeune guide récitant son couplet.
 
« Cette place défensive, reconstruite par Vauban
Fut une prison d’Etat pour joueurs et libertins. »
Aujourd’hui grande ouverte à la lumière tombant,
Les murs des cellules en témoignent en latin.
 
Mais en juillet et août depuis plusieurs années,
Une étrange tribu s’installe sur le fort
Pour remettre en état, été après été,
Ce site unique soumis à l’épreuve du temps.
Ils dorment sur des matelas dans la salle des gardes,
S’éclairent à la bougie, se lavent à l’eau du puits...
 
Parlant des langues variées, ces quelques forcenés
Viennent en bénévoles, loin de tout le confort.
Ils taillent, remplacent, rejointent, pour la postérité,
Pour que le fort encore voie de nombreux printemps ;
Et lorsque le soir tombe, sous la lune blafarde,
S’asseoient sur les remparts et discutent sans bruit.
 
 
 
oct. 2005
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30e anniversaire

Publié le par srenzo

 
Changer d’une dizaine : l’échéance peut faire peur
Symbolique du nombre, question d’angle de vue
A l’aube de la trentaine, j’utilise cette heure
Plutôt que d’être sombre pour faire une revue
 
Revert et la campagne, comme grand terrain de jeu
Moments heureux dans la maison des grands-parents
Dans les bois, dans les champs, lieux d’une vie sans enjeu
Où il me suffisait de suivre le courant
Ma première décennie fut une période bénie
 
Puis est venu le temps des grands bouleversements
La vente de la ferme, berceau de mon enfance
La maladie, la mort, et les déménagements
Ont brisé l’insouciance pour de froides errances
Ma deuxième décennie fut une lente agonie
 
Quand j’ai touché le fond, un instinct de survie
M’a sauvé de la ruine et j’ai repris la main
J’ai nettoyé mes plaies, et retrouvé l’envie
Fermé mes cicatrices, ouvert les lendemains
A l’heure où se finit ma troisième décennie
 
Aujourd’hui je le sais, les conditions sont là
Pour bâtir du solide, puisque j’en ai la fibre
Quoi que m’offre la vie à sa grande tombola
J’ai les clefs pour atteindre demain l’équilibre
Quatrième décennie, objectif : harmonie...
 
 
 
oct. 2005
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N'est pas Monsieur qui veut

Publié le par srenzo

 
C’est un jour de printemps, à l’office du dimanche
Les pigeons seuls animent le parvis de l’église
Au milieu qui attend, la Misère est assise
Elle attend anonyme son défilé de hanches
 
Quand les cloches vocalisent, les grandes portes béent
Inondant le parvis de leur flot bienséant
Félicité de mise, c’est la règle céans
Ronds de jambe à l’envi et discussions galbées
 
S’approche alors un homme, la bouche en cul de poule
Il toise la misère, lâche un « Tenez, mon brave »,
Un œil sur le forum, où sa dame roucoule
 
Tonitruant geyser, la Misère fait entrave
Et lance au noble sire : « N’est pas Monsieur qui veut !
-L’homme s’en va défaillir- Peigne-cul de mes deux ! »
 
 
 
5 oct. 2005
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