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premiere periode 1993-2008

Le Dan

Publié le par srenzo

 
“ Blackfoot, pawnee, cheyenne, crow,
Apache, arapahoe…”
C’est comme un de ces chants guerriers
Où les paroles sont scandées :
Torse nu et velu, il danse,
La plume au vent, comme une transe.
 
Fort d’un revers de la nature,
C’est un colosse. Un pur, un dur.
Il faut le voir, vrai bûcheron,
Débiter à la hache un tronc,
Tomber un mur à coups de masse,
Tailler la pierre, trouver sa place.
 
Languedocien, et fier de l’être,
Féru d’histoire, homme de lettres,
Il aime la vie du Midi,
Les traditions de son pays
-Sept heur’moins l’quart, l’heur’du Ricard,
Sept heur’moins dix, l’heur’du Pastis-
 
Dans LadaDan, les Naufragés,
Les chants de marins oubliés ;
Sur sa voiture de Mad Max
Les quidams se retournent un max ;
Sourire blanc, lunettes noires,
Il sait jouer de sa sacrée poire…
 
Le Dan est un vrai numéro,
Mais il faut connaître l’oiseau…
Jamais ne prendre son image
Sous peine de le mettre en rage…
“ Blackfoot, pawnee, cheyenne, crow,
Apache, arapahoe…” 
 
 
 
12 fév. 2006
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La nuit se lève...

Publié le par srenzo

hommage au "Bal des vampires"
de Roman Polanski
 
 
Les derniers rayons du soir se dissipent
Sur une lande grise, et désertée.
Dans les chaumières les âmes se cloîtrent :
Ferment les volets, tirent les loquets.
 
Dans la crypte le Tombeau s’entrebâille…
Entouré de ses oiseaux de ténèbres,
La longue silhouette sombre se fait nuit.
 
Dans les foyers le silence s’installe :
Le bruit le plus petit devient suspect,
Et les regards trahissent la terreur…
 
Les serviteurs du Comte se dirigent,
Le sourire aiguisé, le teint blafard,
Vers une salle aux miroirs sans reflets.
 
Au-dessus de la couche un crucifix,
Un pieu à portée de main, un marteau,
Des têtes d’ail sont pendues aux fenêtres.
 
Protections dérisoires des mortels !
Le Seigneur, lui, affûte ses canines
Pour leur sucer la sève, jusqu’à la moëlle.
La nuit se lève : c’est l’heure de la chasse…
 
 
 
11 fév. 2006
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Papillons

Publié le par srenzo

 
Aux premiers rayons du printemps,
Les chenilles fuient leurs cocons
Pour virevolter joyeusement
Dans leurs habits de papillons !
 
Dans un jardin multicolore,
Une fleur accueille une Aurore ;
Un Apollon sort le grand jeu,
Le Paon Du Jour en roule ses yeux…
 
Vulcain s’approche d’une Belle-Dame
Qui l’éconduit malgré sa flamme ;
Un Citron s’envole vers le bois :
Petit Sylvain y est parfois...
 
La Turquoise est dans la prairie,
Robert-Le-Diable dans les orties,
Le Grand Nacré dans la clairière :
Ils goûtent tous la joie des airs…
 
Aux premiers rayons du printemps,
Les chenilles ont fui leurs cocons
Pour virevolter joyeusement
Dans leurs habits de papillons !
 
 
 
29 jan. 2006
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Un coeur en hiver

Publié le par srenzo

 
Écharpe autour du cou, et manteau boutonné
je marche dans la ville, d’un pas qui se veut sûr
sur la peau du visage l’air est vif, sec et froid
les bouches exhalent leurs nuages de vapeur
 
Et l’asphalte défile, exhibant ses coutures
 
Je suis dans une allée bordée de hauts platanes
dévêtus, mis à nu, semblant avoir pleuré
les larmes de leur corps, oubliées, sont souillées
mais leurs branches se dressent, nobles, vers le ciel
 
Imposant leur beauté à qui veut bien la voir
 
Je traverse la route, sur le trottoir d’en face
un couple est enlacé, s’embrasse et se réchauffe
sur le bord de mes lèvres s’esquisse un sourire
mon regard se ranime, s’illumine et s’envole
 
Savoir vivre l’hiver, pour goûter le printemps...
 
 
 
déc. 2005
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Dépouille

Publié le par srenzo

 
Au-dessus des carreaux de la cuisine
vertical et inerte
un animal
sans vie
pend
 
Une ficelle au plafond
suspend ses pattes arrières
des pages au sol étalent
« Berry Républicain »
 
La lame d'un couteau
incise le pelage
les gestes sont précis
d’avoir été tant faits
 
Les mains de mon grand-père
agrippent la peau brune
la tirent lentement
l’entrainent vers le bas
 
La chair est mise à nu
la bête est lisse et rose
sa chemise de poils
tombe sur le journal
 
La lame du couteau
s’enfonce dans le ventre
elle lui ouvre le corps
sur toute la hauteur
 
Les mains de mon grand-père
lui écartent les côtes
l’une fouille l’intérieur
prélève les entrailles
 
Elles s’amoncellent flasques
sur le papier journal
de l’animal vidé
reste un morceau de viande
 
Nous sommes à la campagne
la scène est naturelle
Grand-mère prend le relais
promesse d’un bon lapin
 
 
 
nov. 2005
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