Mirabelle 1987

Publié le par srenzo

 
De ce verre à liqueur que je porte à mon nez
L’effluve familier fleure bon le passé
 
Lorsqu’enfants nous allions ramasser au verger
Les belles prunes jaunes, par le soleil dorées
Sous les arbres les guêpes menaient leur ballet
Emplissant l’air de leur vrombissement ailé
D’autres étaient prisonnières, piégées à l’eau sucrée
Nous remplissions nos vieux sacs de supermarché
Succombant quelquefois au plaisir savouré
D’une robe pulpeuse et d’un noyau craché
 
Je revois mon grand-père, dans l’écurie vidée
Et nous à contempler les fruits à fermenter
Dans un tonneau ouvert, écoutant expliquer
Comment on obtiendrait la gnôle de l’année
 
Je nous revois encore, tous trois dans l’atelier
Le parfum imprégnant, l’atmosphère exaltée
Mon frère siphonnant les bidons à vider
Et s’étranglant d’avoir un peu trop aspiré
Mon grand-père passant les bouteilles apprêtées
Et s’amusant de chaque nouvelle gorgée
Et moi sur l’établi à les étiqueter
Puis allant les ranger par taille et par année
 
Aujourd’hui on ne trinque plus à sa santé
Le grand-père est parti, son heure avait sonné
Dorénavant je bois aux bons moments passés
 
La première lampée va chauffer le gosier
Pour ensuite laisser la saveur s’exhaler
Mon p’tit Bon’P à la vôtre ! Où que vous soyez !
 
 
 
4 mars 2006
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