J'arrive

Publié le par srenzo

à Frank et Emmanuelle

 

 

Je reviens d’un voyage aux confins éloignés

au-delà de l’Ariège et de ses Pyrénées

 

Le temps est arrivé où le brouillard se lève

où s’ouvrent les arcanes ouvrant les lendemains

 

Un parfum de fumier dans une bergerie

le désordre figé d’un atelier souillé

j’ai retrouvé l’enfant, lui ai donné la main

Nous respirions ensemble

Les bêlements lointains de brebis sur les prés

la saveur d’une mûre à une haie sauvage

dans un sac une laine douce, sale et tassée

s’épanchait sur nos mains

 

Des balles de foin sec embaumaient dans les champs

le cri aigu d’un coq montait d’un poulailler

L’enfant m’a dit « Merci. Ici c’est comm’ chez moi.

Mais sans l’être vraiment. »

Nous cueillions des légumes à d’autres potagers

succombions sous un arbre à d’autres teints de prunes

caressions du regard d’autres vraies confitures

sur le bois d’une table

 

Nous nous laissions bercer à la douceur du miel

un père et ses enfants créaient une cabane

L’enfant m’a regardé. Calmement il m’a dit

en libérant ma main

« Tu peux grandir en paix, il est d’autres passeurs. »

La lumière du soir chatoyant sur les herbes

les insectes dansaient de leurs battements d’ailes

sur une table en fête

 

 

 

août 2008

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