Fort Brescou

Publié le par srenzo

 
C’est un îlot de roche volcanique fatiguée
Comme abandonné entre le ciel et la mer.
Surmontés par un phare qui semble faire le gué,
Les remparts gris se dressent, massifs, et encore fiers.
 
Rongée depuis des siècles par l’acide toilette
Des vents chargés de sel qui balayent le site,
La vieille citadelle est domaine des mouettes
Qui élèvent leurs petits comme des troglodytes.
 
Chaque saison, avec le retour des beaux jours,
Les navettes du cap reprennent leur ballet,
Déversant leurs touristes, qui ont tôt fait le tour,
Avec un jeune guide récitant son couplet.
 
« Cette place défensive, reconstruite par Vauban
Fut une prison d’Etat pour joueurs et libertins. »
Aujourd’hui grande ouverte à la lumière tombant,
Les murs des cellules en témoignent en latin.
 
Mais en juillet et août depuis plusieurs années,
Une étrange tribu s’installe sur le fort
Pour remettre en état, été après été,
Ce site unique soumis à l’épreuve du temps.
Ils dorment sur des matelas dans la salle des gardes,
S’éclairent à la bougie, se lavent à l’eau du puits...
 
Parlant des langues variées, ces quelques forcenés
Viennent en bénévoles, loin de tout le confort.
Ils taillent, remplacent, rejointent, pour la postérité,
Pour que le fort encore voie de nombreux printemps ;
Et lorsque le soir tombe, sous la lune blafarde,
S’asseoient sur les remparts et discutent sans bruit.
 
 
 
oct. 2005
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